La typographie sur-mesure Il fut un temps où créer une police sur-mesure relevait du luxe absolu, un privilège réservé aux multinationales et à leurs budgets XXL. Aujourd’hui, ce n’est plus une coquetterie, mais un véritable levier stratégique. Regardez la récente campagne Heinz signée W+K : même sans image ni logo, la typographie suffit à identifier la marque. Ces lettres-là parlent d’elles-mêmes. Pour Heinz, comme pour d’autres grandes marques, la typographie n’est plus un simple ornement : elle est devenue une signature.
Campagne d'affichage conçue par l'agence W+K. L’omniprésence de plateformes comme Google Fonts ou Adobe Fonts a uniformisé le paysage visuel. Résultat : quand tout le monde utilise les mêmes caractères, plus personne ne se distingue. La typographie personnalisée permet de casser cette homogénéité. Elle rend une marque instantanément reconnaissable, parfois avant même qu’on lise son nom.
Baskets de la marque Hoff, illustrations signées Malika Favre. Créer sa propre police, c’est aussi s’affranchir des standards, retrouver une voix authentique, en phase avec ses valeurs et son public. Au-delà de la différenciation, la typographie devient un outil narratif puissant, capable de traduire l’histoire, l’énergie et la personnalité d’une marque à travers chaque mot. Une dimension impossible à atteindre lorsqu’on partage la même police que ses concurrents.
Le retour en force de l’illustration Longtemps éclipsée par la photo et la 3D, l’illustration revient sur le devant de la scène. Les marques s’entourent d’artistes pour créer des univers singuliers, sur mesure.
Campagne de Charlie Davis pour les transports de Londres (TFL) La collaboration entre Transport for London (TFL) et Charlie Davis en est un parfait exemple. Pour le 25e anniversaire du réseau, il a imaginé une série d’affiches célébrant les monuments et l’énergie de la capitale. En misant sur l’illustration, TFL a créé un lien émotionnel fort avec ses usagers. Son style mêle minimalisme et esthétique vintage, évoquant l’âge d’or de l’affiche imprimée tout en restant très actuel.
Autre projet marquant : la collaboration entre Malika Favre et la marque espagnole HOFF. Son style épuré et sa maîtrise du vide capturent l’essence d’une image en quelques formes et aplats de couleur, une élégance idéale pour le prêt-à-porter.
Les marques considèrent désormais les illustrateurs comme de véritables partenaires créatifs. L’illustration n’est peut-être plus le langage dominant de la publicité, mais c’est précisément sa force. Dans un univers saturé de photos et de vidéos, elle attire le regard parce qu’elle surprend.
Quand la couleur devient langage C’est une tendance déjà bien installée, mais qui promet de s’intensifier : le retour en force de la couleur. En design graphique, elle n’est plus un simple effet visuel, mais l’âme d’une marque. Avant même qu’un mot ne soit lu, une palette bien pensée transmet une émotion, une intention, une personnalité.
Packaging de Lowkey Design pour HolySeed Powder. Aujourd’hui, les designers explorent les contrastes complémentaires et les harmonies analogues. Les premières créent tension et énergie ; les secondes apportent douceur et cohérence. Souvent, les studios mêlent les deux pour un équilibre expressif.
Identité visuelle conçue par l'agence We are branch pour Nina Sasson. Mais la vraie évolution est ailleurs : dans la manière d’orchestrer la couleur. Les palettes de 2026 seront plus audacieuses, plus franches, mais aussi plus conscientes. Les contrastes saturés côtoieront les teintes naturelles, les aplats nets dialogueront avec des textures organiques. Le but ? Éveiller les sens et raconter des émotions, bien au-delà du simple “faire joli”.